lundi 11 mars 2019

Qu'appelle-t-on "voyelles" ?

Le mot voyelles désigne une catégorie de sons du langage humain.

Les voyelles sont des sons clairs, c’est-à-dire qu’elles demandent la vibration des cordes vocales et le libre passage de l’air dans la bouche et dans le nez.

Selon les langues, elles sont plus ou moins nombreuses. L’italien, par exemple, en compte 5, tandis qu’en français standard, on en dénombre 16.

Nous voyons qu’avec ce nombre de 16, nous sommes loin des 5 lettres voyelles de notre alphabet.

Comment s’explique ce décalage ? C’est facile. Notre alphabet est hérité du latin. Et, en latin, comme en italien aujourd’hui, les 5 lettres voyelles A - E - I - O - U correspondaient aux 5 sons voyelles de la langue.

Quand le français commence de s’écrire, il le fait avec l’outillage qu’il a a sa disposition. Mais il se trouve qu’il compte beaucoup plus de sons voyelles que n’en compte le latin à l’oral et à l’écrit.

Le problème fut résolu en associant 2 (pont) ou 3 (pain) lettres pour coder un seul son.

Pour ne pas arranger les choses, on voit aujourd’hui que les mêmes 16 sons voyelles peuvent être codés par plusieurs combinaisons de lettres différentes, qu’on appelle des phonogrammes, combinaisons si nombreuses et si instables que peu d’auteurs semblent décidés à en dresser la liste.

Ainsi le digramme EN correspond-il à deux phonogrammes différents, selon qu’il se rencontre dans lent ou dans examen. Tandis que, dans (ils) chantent, la même séquence de deux lettres ne doit pas être regardée comme un phonogramme. Elle représente ici une partie seulement d’une désinence grammaticale muette (-ent).

La première conséquence de cette situation est qu’en français, le plus souvent, le nombre de signes écrits (des lettres) dont se compose un mot ne correspond pas au nombre de sons (phonèmes) qu’il contient.

Les savants ont beau jeu de nous expliquer que les sons ne sont pas codés par des lettres mais par des graphèmes (ou phonogrammes). Il n’en reste pas moins que les mots s’écrivent avec des lettres. Et que si, pour un enfant de 5 ans, il est facile de dénombrer les lettres dont se compose un mot, il lui est beaucoup plus difficile de dénombrer les graphèmes.

Mieux encore. Rien ne m'empêche de dénombrer les lettres d’un mot que je ne sais pas lire, tandis que je ne peux pas dénombrer les phonogrammes qu’il contient.

Imaginons que je découvre aujourd'hui, à l'écrit, le mot BERGER, que je n'aurais jamais entendu ou que, ignorant quel personnage il désigne, j'aurais oublié. Il me faudrait choisir entre 4 façons de le lire, dont une seule est correcte, mais comment deviner laquelle ?
  1. BERGER
  2. BERGER
  3. BERGER
  4. BERGER
Ce qui signifie que, si ces phonogrammes existent bien, la plupart d'entre eux n’ont guère de consistance en dehors des mots. Et que, par conséquent, il est illusoire de vouloir leur faire servir de base à l’apprentissage de la lecture.

1 commentaire:

  1. Article exellent.Nous devrions jouer à trouver cs bizarreries de la langue francaise piur apprendre à les coder

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