mercredi 29 mai 2019

Jacques Roubaud vs Michel Legrand

Dans La vieillesse d’Alexandre (1978), Jacques Roubaud travaille l’idée selon laquelle la modernité en poésie, au prétexte de vouloir s’émanciper des règles classiques, se prive de tout recours à la rime. Celle-ci y devient interdite, ce qui apparaît à l'auteur comme une nouvelle règle, bien contraignante et bien artificielle. D’où l’intérêt qu’il porte à Pierre Reverdy dans les poèmes duquel la rime n’est pas du tout régulière mais pas non plus interdite. Je songeais à cela en ré-écoutant des bouts des Parapluies de Cherbourg (1964), où l’écriture (celle des paroles, que Michel Legrand signe en même temps que la musique) se montre si merveilleusement fluide, aérienne, de n’être pas enfermée dans la régularité du nombre et de la rime, mais où la rime n’est pas non plus totalement bannie. Un exemple, très célèbre, ici:



(La version filmique est, bien sûr, inégalée. Mais il nous manque ici [+] le "récitatif" d'introduction.)

2 commentaires:

  1. Ils sont morts tous les deux, quel malheur !

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    1. L’idée de Moulins à paroles (M@P) doit sans doute beaucoup au moulins à prière du bouddhisme tibétain. Mais beaucoup aussi à Michel Legrand et à L’affaire Thomas Crown

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