jeudi 27 juin 2019

Pour préparer une visite d'animation

Il vous revient de choisir le texte sur le Catalogue en fonction des auteurs et des thèmes que vous souhaitez aborder avec vos élèves, et vous devez informer l’animateur de votre choix au moins 48 heures à l’avance. L’animation se fera avec le matériel installé dans votre classe. Le dispositif devra comprendre un PC connecté à internet, un vidéo-projecteur et un écran. Ne manquez pas de vérifier que tout fonctionne, et prévenez l’animateur en cas de doute, par exemple si la connexion internet est défaillante.

Songez que les M@P sont conçus pour susciter beaucoup d’interactions (d’entraide) parmi les élèves. Si votre classe est trop nombreuse, et si vous en avez la possibilité, peut-être préférez-vous la scinder en deux groupes.

Enfin, en acceptant la visite d’un porteur de M@P, vous vous engagez à remplir le questionnaire de satisfaction qui vous sera adressé ensuite. C’est la règle du jeu. Elle est indispensable au bon fonctionnement de notre équipe et à l'amélioration constante de nos produits et de notre méthode.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à utiliser notre formulaire de Contact

Le défaut majeur de l'école

Le défaut majeur du système éducatif français tient à la solitude de l’enseignant. Dans notre pays un professeur peut œuvrer pendant des années, payé par l’état et face à des enfants, sans recevoir la visite d’aucun autre adulte. Sans que personne donc ne vienne observer ce qu’il fait, ni pour en faire la critique, ni pour s’en inspirer.

Il s’agit là d’une aberration lourde de conséquences, car elle permet que de mauvaises pratiques se perpétuent sans que les bonnes soient encouragées ni imitées.

Pas question dans ce cadre d’un vrai travail d’équipe. On se prive de la condition indispensable pour que les méthodes d’enseignement s’affinent au fil des ans, et pour que les jeunes professeurs puissent se former efficacement auprès des plus aguerris.

Cette forme d'individualisme exacerbé serait inconcevable dans toute autre profession. Concernant l’école, elle reste un sujet tabou. On ne voit pas qu’elle soit évoquée par la presse, ni qu’elle ait été dénoncée, dans l’histoire récente, par aucun de nos grands intellectuels.

Les ministres se succèdent sans que rien ne change. L’enjeu, bien sûr, réside dans le statut de l’établissement. Pour que les enseignants travaillent en équipe, il faudrait que leur établissement existe, ce qui supposerait qu’il soit dirigé par une personne ou un groupe de personnes, comme le sont toutes les entreprises du monde. Or, c’est précisément cela que les syndicats d’enseignants refusent.

Ils font en sorte que leurs adhérents ne doivent rien aux établissements où ils exercent et tout à l’état, sans doute parce que celui-ci se situe trop haut et trop loin pour pouvoir exercer un contrôle réel sur le travail de ses agents. Ils tiennent à ce que l'enseignant continue d’œuvrer comme une sorte de travailleur indépendant, à ceci près que le statut de fonctionnaire le met à l’abri de tous les risques.

De tous les risques, sauf un, celui de la dépression. Car ces professionnels, protégés de tout contrôle, se sentent peu estimés, peu aidés, mal payés, mal compris. En même temps que leur travail s’avère d’une efficacité douteuse.

Ne serait-il pas temps, en effet, de passer à autre chose ?

mercredi 26 juin 2019

Nos chiffres semestriels - Des personnes et des lieux

Au premier semestre 2019, les Moulins à paroles (M@P) ont été utilisés pour l’enseignement de 1248 personnes (effectifs cumulés, enfants et adultes) dans 18 lieux institutionnels, dont voici la liste :

En ville
  • Association A.T.E. (Accueil Travail Emploi) (Nice)
  • Atelier Canopé (Marseille)
  • Bubble Art (Nice)
  • Foyer de l'enfance. Villa La Parenthèse (La Trinité)

Collèges 06
  • Don Bosco (Nice)
  • Joseph Vernier (UPE2A et autres) (Nice)
  • Jules Valéri (UPE2A) (Nice)
  • Le Pré des Roures (Le Rouret)
  • Maurice Jaubert (UPE2A et autres) (Nice)
  • Pierre Bonnard (Le Cannet)
  • Port Lympia (Pôle Relais) (Nice)
  • Saint Exupéry (SEGPA) (Saint Laurent du Var)
  • Sainte Marie de Chavagnes (Cannes)

Lycées professionnels
  • Magnan (MLDS) (Nice)
  • Pasteur (MLDS) (Nice)

Enseignement supérieur
  • École d’orthophonie - Faculté de médecine (Nice)
  • Francophonia (Nice)
  • Institut d'Études Supérieures du Travail Social (IESTS) (Nice)

PS. Si vous utilisez les M@P dans un lieu institutionnel qui n’est pas indiqué ici, merci de nous le signaler.

lundi 24 juin 2019

L'autorité du professeur

Quand un professeur de français donne à lire à ses élèves un poème de Paul Verlaine, ceux-ci doivent consentir un effort. Et s’ils veulent bien baisser la tête et concentrer leur attention le temps nécessaire pour que le poème se révèle, pour qu’il s’ouvre à leurs yeux et à leur esprit, ce ne sera pas parce qu’il est signé "Paul Verlaine" mais parce que la demande émane d’un adulte en qui ils ont confiance.

Les commissions ministérielles peuvent se réunir et définir les programmes les plus compliqués et les plus chargés du monde, la mission d’un professeur de français ne consiste en rien d’autre qu’à enseigner la langue et enseigner les textes. Et, plus précisément encore, à enseigner la langue dans les textes. Et, pour remplir cette mission, il faut que les professeurs connaissent les textes comme d’autres spécialistes connaissent les plantes médicinales qu’ils vont cueillir dans la montagne, et qu’ils les choisissent un à un, avec soin, en fonction du moment et en fonction de leurs élèves.

Les technologies numériques ont beau mettre à notre disposition immédiate et gratuite des millions de poèmes et d’autres œuvres littéraires, elles n’en feront jamais lire une seule aux élèves de nos écoles. Seul un professeur a ce pouvoir. Et il l’exercera d’autant mieux qu’il n’aura à se soucier de rien d’autre que des textes et de ses élèves réunis dans une école.

Personne ne devrait s’autoriser à dire à quel âge LES élèves (en général) peuvent (doivent) lire ou relire telle œuvre littéraire. Il revient au professeur d’en décider pour les siens, après avoir sollicité et obtenu le conseil des autres membres de sa communauté éducative. Sa responsabilité, héritée d’une tradition millénaire, et encadrée par une équipe, est en cela très humble et décisive.

dimanche 23 juin 2019

La langue n'est pas un code

Une partie de mon travail concerne les publics en difficulté. Je m'adresse à des jeunes gens pour lesquels l'apprentissage de l'écriture en français est source d'angoisse depuis qu'ils sont entrés à l'école. Adolescents, ils apparaissent déjà comme de vieux routiers de l'échec. Ils ont eu affaire à quantité de professeurs, dont certains étaient des spécialistes. Et la première question que je leur pose, la première fois que nous nous rencontrons, est celle de savoir en quoi consiste la difficulté à laquelle ils se heurtent, dans laquelle leur destin s'empêtre.

Ce sont des jeunes gens peu habitués à s’expliquer, surtout avec les adultes qu’ils regardent plutôt comme des adversaires ou comme des habitants d’une autre planète. Ils essaient pourtant de me répondre, et le plus souvent ils évoquent alors leur propre passé. Quand ils étaient petits, ils n’aimaient pas l’école et l’école ne les aimaient pas. Ou c’est qu’ils sont arrivés en France sans savoir un mot de français à un âge où les autres savaient déjà lire et écrire. Ou encore qu’ils étaient attirés par le football. Ou enfin qu’à la maison, ils n’avaient pas une chambre, pas une table pour faire leurs devoirs, et personne pour les y aider. Des réponses de ce genre, toutes exactes, mais qui mettent l’explication de leur côté. La malchance de leur côté, et presque la faute. Le point remarquable étant que, dans leur propos, il n'est pas question de la langue elle-même.

Mon rôle consiste alors à attirer leur attention sur certaines caractéristiques du français, qui rendent cette langue difficile à apprendre pour tout le monde, pour ceux dont les parents le parlent à la maison, et plus encore pour ceux qui viennent d’ailleurs, qui ont traversé parfois plusieurs pays avant de se retrouver chez nous. Et là je les vois hocher la tête, certains esquissent un sourire, pourtant aucun ne se montre capable d’aller plus loin. Alors, je leur propose une petite histoire.

Je leur raconte que la veille j’étais en Italie, et que dans une rue de la petite ville où je me promenais, j’ai vu s’étaler au-dessus de la vitrine d’une boutique les huit lettres du nom FARMACIA. Et que ce nom m’a paru bien sympathique.

En quoi ce nom italien de FARMACIA peut-il nous paraître plus sympathique, plus amical, plus rassurant, que son équivalent français de PHARMACIE ? La réponse est bien simple, elle tient à ce que le mot italien ne contient aucune lettre inutile. Il nous montre très exactement ce qu’il faut dire, à condition d’être un peu habitué aux valeurs phonétiques des caractères d’écriture dans cette langue. Toute personne habituée à l’italien sait lire le mot FARMACIA, et il lui suffira de l'avoir entendu déjà pour l'écrire correctement. Alors que celle qui a déjà entendu le mot PHARMACIE ne sait pas pour autant l'orthographier et ne saura pas nécessairement le reconnaître quand elle le verra écrit.

Le français présente une difficulté objective, qu’il partage avec d’autres langues, l’anglais notamment, mais pas avec toutes et qu’il porte quant à lui à un niveau extrême. Cette difficulté consiste en ce que les aspects oraux et écrits des mêmes mots ne correspondent entre eux que de façon très irrégulière et comme aléatoire. Ce qu’un mot donne à entendre (des sons) ne correspond pas à ce qu’il donne à voir (des lettres). La même lettre peut correspondre à des sons différents. Le même son peut s’écrire de différentes manières. Surtout, le nombre de lettres dont se compose un mot correspond rarement à celui des lettres.

Cette particularité de notre écriture est bien connue. Beaucoup d’excellents auteurs tentent de l’expliquer, de la justifier par l’histoire, ou au contraire de la dénoncer comme une absurdité dont ils réclament qu’elle soit enfin réduite au prix d’une simplification drastique de notre orthographe. Ils agitent en cela des questions importantes. Mais celles que je me pose est plus simple, plus immédiate. Elle est de savoir pourquoi les élèves auxquels je m’adresse identifient si mal la difficulté qu’ils rencontrent. Pourquoi l’école, alors qu’ils étaient en échec, et qu’ils souffraient de cet échec, ne leur a pas permis d’en acquérir une conscience claire. Et ainsi de la considérer avec calme.

Tout se passe comme si l'école protégeait un secret de famille concernant notre écriture dont nous aurions un peu honte qu'elle ne soit pas simple comme un code. Or, il convient de remarquer que, si notre orthographe paraît étrange, et si elle l'est davantage en effet que celles d'autres langues, cette étrangeté est la marque visible, évidente, de ce que la langue elle-même n'est pas un code.

Un code est cohérent. Il fonctionne et s'enseigne comme s'il avait été inventé par un seul cerveau en un seul instant . Or, la langue n'apparaît pas ainsi. Rien ne justifie que SOLEIL et LUNE, par exemple, soient de genres différents. Ou que le présent de l'indicatif du verbe ALLER se conjugue à partir de deux radicaux (je vais, nous allons) plutôt que d'un seul, comme le verbe CHANTER.

"Apprenez en silence deux ou trois choses que je sais d’elle", scandait Jean-Luc Godard en 1967. La vérité sur la langue, que l’école doit aux élèves et que je livre un peu tard à ceux que le hasard met sur ma route, leur permet à tout le moins de ne plus avoir honte.

mardi 11 juin 2019

Hors connexion

Les M@P sont conçus pour le web. Si vous souhaitez les faire tourner dans un établissement ou dans un pays qui ne dispose pas d'accès à internet, merci de nous le signaler en utilisant le formulaire de Contact. Nous vous aiderons.

L'étonnement et la répétition

La modernité s’épuise à ne pas vouloir dire que l’élève doit apprendre ce que d’autres savent déjà. Et qu’il le fera par la répétition. S...