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Les langues ne sont pas des algorithmes

Les langues naturelles ne sont pas des algorithmes. Cela signifie (pour les comprendre et pour les enseigner) que
  1. Une langue naturelle ne constitue jamais un système complet, cohérent et clos (une structure) mais plutôt un sous-ensemble flou. Ainsi (i) à partir de quel moment un mot emprunté à une langue (b) fait-il vraiment partie de la langue (a) ? (ii) dans quelle mesure l'emploi du passé simple ou de l'imparfait du subjonctif, par exemple, fait-il encore partie du français ?
  2. Les réalisations d’une langue ne sont que très partiellement prévisibles en fonction de règles.
  3. Les textes font partie de la langue. Ainsi, depuis longtemps les dictionnaires (Littré, Robert), pour décider si une forme est correcte, en réfèrent à son occurence chez les "bons auteurs".
  4. Dans une langue, les contenus sémantiques (signifiés), les formes orales et les formes écrites constituent un nœud borroméen (dans lequel aucun anneau n’occupe un rang hiérarchique supérieur aux autres).
Ce schéma pourrait être contesté au nom du principe de traductibilité. Si tout texte paraît traduisible d'une langue dans une autre, et si même cette traduction peut être effectuée par une machine, n'est-ce pas que toute langue naturelle peut être regardée comme un algorithme ?

Réponse : Si tout texte classique (disons un sonnet de Shakespeare) peut donner lieu, comme on voit, à de multiples traductions, n'est-ce pas qu'aucune traduction n'est jamais vraiment satisfaisante ?

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