dimanche 7 juillet 2019

Maigret et le marchand de vin | Georges Simenon



Dans L’Écluse numéro 1 (1933), Maigret craint de ne pas finir l’enquête car il part à la retraite (sa femme est déjà dans leur maison de campagne et elle a emporté les meubles). Trente-sept ans plus tard, dans Le Marchand de vin (1970), il est toujours en activité. Les enquêtes du célèbre commissaire se déroulent dans un ordre temporel logique. Un crime est commis dont il faut découvrir et confondre le coupable au prix d’une enquête qui sera lente et compliquée. Mais cette temporalité rencontre des épiphanies. Des apparitions de lieux, de personnages qui resteront gravées dans la mémoire du policier comme dans celle du lecteur. Pour ma part, je regarde cela comme des contenus poétiques. Un poème est écrit à un moment de l’histoire générale et, plus précisément, à un moment de l’histoire de son auteur, mais il est fait pour lui survivre, pour léviter. Maigret est une sorte d’enchanteur Merlin. Quelquefois, comme ici, il n’a pas besoin de courir après le coupable. C’est le coupable qui vient à lui. Il se présente debout sous la fenêtre de son domicile, au milieu de la nuit, et il finira par monter les étages puis gratter à sa porte à deux heures du matin pour que le commissaire le reçoive, pour qu’il lui propose un grog brûlant, qu'il rallume sa pipe et l’écoute enfin raconter son histoire. Je ne suis pas certain que les méandres de l’histoire soient très importants. Quant à moi, j’ai vite fait de les oublier (ce qui me donnera prétexter à relire le livre quelques années plus tard). En revanche l’image de cette silhouette debout sous la fenêtre de Maigret, ce face à face entre deux hommes que séparent une vitre et la neige de l’hiver, cela s'inscrit derrière nos yeux. Raison de le partager.

1 commentaire:

Comment coder le mot "fille" ?

Myriam L., sur le forum , me demande comment coder le mot FILLE. Je vais essayer de répondre à cette question de façon à peu près complète....