lundi 12 août 2019

Il n'y a pas d'amour heureux | Aragon

Pour ce que je crois en savoir, Georges Brassens n’avait pas beaucoup de sympathie pour les communistes. On peut imaginer ses raisons. On ne se trompera pas de beaucoup. Le fait est que son camp, durant l’Occupation, alors qu’il s’était dérobé au STO et se cachait dans Paris, c’était le pauvre foyer que lui offrirent l’Auvergnat et l’Auvergnate, la Jeanne de la chanson. Cela ne rend-il pas d’autant plus remarquable qu’il soit, en 1953, le premier (à ma connaissance) à mettre en musique un poème de Louis Aragon? La chose se passe en pleine période stalinienne (soit avant le rapport Khrouchtchev qui date de février 1956). Et quant aux autres emprunts que la chanson populaire fait à la poésie, on retiendra que, la même année, Yves Montand enregistre Saltimbanques de Guillaume Apollinaire, et que, à ces deux adaptations, nous ne connaissions qu'un seul antécédent historique: celle de Chanson d’automne, de Paul Verlaine, mis en musique (jazz) par un certain Charles Trenet en 1941. Pour ma part, je reste attaché à l'interprétation de Brassens lui-même, que j’écoutais dans ma chambre d’adolescent, dans les mois qui précédèrent le printemps 68. C'est celle que je vous propose de réentendre ici. Mais connaissez-vous celles qu’en ont donné François Hardy, Barbara, Youssou Ndour ou Nina Simone ?

1 commentaire:

  1. Bonjour
    Et merci Christian pour ce partage.
    Brassens est en quelque sorte le petit lait de mon enfance : voici quelque chose qui m'était inconnu, enfant, et qu'un plus vieux a bien voulu partager avec moi dans la répétition (et non "me le faire partager", qui n'est pas français et qu'on entend pourtant partout depuis la publicité du Petit Basque. Et celà m'horripile que tout le monde, des médias au politique, reprenne sans sourciller une structure fautive, et s'en gargarise, parce que c'est issu d'une séquence "mignonne". Et le vaste peuple à leur suite, puisque "entendu à la radio", ou "vu à la télé". Plus encore qu'un slogan commercial et un argument de vente, chacune de ces formules vaut aujourd'hui estampille poir un usage langagier populaire dévoyé, relâché, dans la plus pure tradition de la perte de sens et de valeur... Depuis quand dit-on : "Tu me le fais partager ?". Là où "Partageons-le" suffirait amplement ?!? Bref.
    Pour revenir à Brassens, outre les chansons qui passaient pour les plus enfantines et étaient "partagées" à l'école (Le Petit cheval blanc, La Cane de Jeanne...), mon père avait l'intégrale en cassettes audio. J'ai eu une période d'écoute très assidue au début du collège, nourrie par le Verger du Roi Louis, La Non-demande en mariage... et bien sûr Les Passantes, sans doute ma préférée... Mais il y en a tant ! Je crois bien que cette Intégrale comptait 9 ou 10 cassettes. Il y a beaucoup de belles choses à puiser chez Brassens, certes. Et souvent des poètes que l'on à largement oubliés par ailleurs.
    Poir ce texte d'Aragon, j'ignorais qu'il y eût une version par Youssou N'Dour.
    Et j'ajouterais à ta petite liste la prestation de Danièle Darrieux dans le film d'Ozon, 8 femmes. Laquelle, quoi qu'on pense du film, est une interprétation que je trouve très émouvante.

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