Des M@P à L'Ariane

C’était un soir d’octobre à la bibliothèque municipale de L’Ariane. Comme nous en étions convenus, Safoua nous a rejoints avec un groupe d’une vingtaine d’enfants qu’elle était allé chercher à la sortie de l’école, ainsi que des adolescents de son association - les Jeunes Musulmans de France - intéressés par l’accompagnement scolaire. Je leur ai proposé de nous organiser de la sorte : Les enfants s’installent à une grande table où les adolescents les aident à faire leurs devoirs. De mon côté, je choisis une petite table un peu à l’écart sur laquelle je pose mon ordinateur portable - avec, ouvert sur l’écran, un Moulin à paroles (M@P).

Devant cette table, trois chaises : une au milieu pour moi et deux, de part et d’autre, pour les enfants.

La consigne est simple : "Vous accompagnez jusqu’à moi deux petits que fais travailler sur le M@P pendant une quinzaine de minutes, puis je vous les rends et vous m’en adressez deux autres." J’ajoute une clause importante : "Les petits sont accompagnés par une grande (ou un grand) de l'équipe, qui reste debout derrière nous pendant tout le temps de l’activité. Le but est d’observer."

Un jeune homme se déclare aussitôt intéressé. Il m'amène deux enfants de CM que je fais travailler sur Une chanson de Norge. Un texte charmant. Ceux-ci sont ravis, ils rient, ils échangent. Le quart d'heure s'écoule à toute allure, le jeune homme derrière nous n'en a pas perdu une miette. Je lui dis : "Tu veux prendre ma place ?" Il me répond : "Je peux ?" Et le voici aux manettes.

Je suis resté dans le voisinage, à feuilleter des livres et à bavarder avec Riadh, le responsable du lieu. Durant les trois-quart d'heure qui ont suivi, notre coach a conduit l'activité de trois binômes. Il a fait appel à moi une seule fois, pour que je l'éclaire sur un point de grammaire. Et, chaque fois, les enfants ont demandé s'ils pourraient revenir bientôt pour une autre séquence d'activité.

Rhiad regardait les protagonistes avec beaucoup de curiosité. Il m'a dit : "Ça fonctionne..." Un peu plus tard, il a ajouté : "La prochaine fois, j'installe des ordinateurs sur les tables..."


La fois suivante, des mères sont venues vers moi, elles m’ont demandé que je les initie à ce jeu, et très vite elles se sont retrouvées aux manettes avec leurs propres enfants. D’un seul poste de travail, nous sommes passés à trois.

Commentaires

Articles les plus consultés