Rimbaud | Le Dormeur du val



C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

7 octobre 1870

Commentaires

Aujourd’hui, en formation Francophonia de 3 professeures : 2 venues d’Azerbaïdjan et une de Roumanie
Découverte de ce texte incontournable avec Ninon 9 ans. Nous avons pris le temps de comprendre le sens, les subtilités et la lecture des vers avec ces retours à la ligne si particuliers. Nous avons écouté la musique du texte. Et nous avant fait la première diapositive.
Terminé aujourd'hui avec Ninon. texte riche mais simple. Nous avons beaucoup ri de sa lecture joyeuse de la dernière strophe en total décalage avec le drame décrit. Nous en avons, pour la peine, fait différentes lectures avec différentes intentions.

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