Une poésie de la pauvreté et du courage

P. Reverdy peint par Amadeo Modigliani en 1915

Pierre Reverdy publie son premier livre en 1915. C'est Poèmes en prose, qui s’ouvre par ce petit texte au titre mystérieux : 'Fétiche'. Comment devons-nous le comprendre? À son propos, Jean-Baptiste Para écrit;

"... on voit bien que le dénuement n'est pas seulement chez Reverdy celui de la langue, mais aussi celui de la vie même. Comme l'écrira Aragon dans ses Chroniques du bel canto'Jamais peut-être la poésie de la pauvreté, de la solitude, la poésie de l'homme abandonné des hommes n'a été poussée aussi loin que chez Pierre Reverdy.' Sous cet aspect aussi, 'Fétiche', que l'on découvre au seuil de l'œuvre du poète, en recèle peut-être l'un des secrets essentiels, car s'il est bien question de pauvreté, avec une résonance qui n'est pas seulement sociale mais ontologique, et si l'on assiste au drame d'une dislocation, d'un démembrement, sur fond existentiel où tout l'être est transi, il est aussi question de persévérance dans le monde hostile, il est question d'une bague aux pouvoirs mystérieux et d'un cœur que la déréliction n'a pas entamé. Là où Pétrarque parlait de la poésie sous les traits adorables de Laure, Reverdy, à l'aube du XXe siècle, en a parlé sous les traits d'une petite poupée accidentée que le vent d'hiver secoue et qui danse dans le froid brutal. "

Pierre Reverdy, par Jean-Baptiste Para, CULTURESFRANCE, ministère des Affaires étrangères, novembre 2006. p. 49.

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