Brassens | Le parapluie



Il pleuvait fort sur la grand-route,
Elle cheminait sans parapluie,
J'en avais un volé sans doute
Le matin même à un ami.
Courant alors à sa rescousse
Je lui propose un peu d'abri,
En séchant l'eau de sa frimousse,
D'un air très doux elle m'a dit Oui.

Refrain
Un petit coin de parapluie
Contre un coin de paradis,
Elle avait quelque chose d'un ange.
Un petit coin de paradis
Contre un coin de parapluie,
Je ne perdais pas au change, pardi.

Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie.
J'aurais voulu, comme au déluge,
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits.

Refrain

Mais bêtement, même en orage,
Les routes vont vers des pays,
Bientôt le sien fit un barrage
À l'horizon de ma folie.
Il a fallu qu'elle me quitte
Après m'avoir dit grand merci,
Et je l'ai vue toute petite
Partir gaiement vers mon oubli.

Refrain

+ Le regard de Georges Brassens (Documentaire)

Commentaires

Travaillé pour la première fois hier, avec une classe de 3e du collège Maurice Jaubert de L'Ariane (REP), où j'étais accueilli par Virginie Manouguian. Le texte justifie que nous parlions des rapports entre garçons et filles, la question centrale (qu'on retrouve dans le quizz) étant: "Les protagonistes de cette petite histoire gareront-ils un bon souvenir de leur rencontre?" La réponse est oui, évidement, et pour les deux.
Léo a dit…
J'ai travaillé cette chanson avec les enfants du foyer de la Parenthèse ce mercredi et nous avons passé un beau moment. Je ne pensais pas que ça allait autant leur plaire et j'ai été agréablement surpris qu'ils aient tous voulu chanter (j'avais mis la musique avec mon portable, ils chantaient avec le texte projeté devant eux). Il s'est ensuivi une conversation intéressante sur les relations hommes-femmes en fonction des époques.
Ce que tu dis, Léo, me fait plaisir. Cette chanson a accompagné mon enfance. J'y ai repensé quand j'ai eu écho des violences sexuelles que des garçons d'un collège de Nice ont fait subir, pendant des années, à une jeune fille du même établissement. L'histoire m'a bouleversé parce que le collège en question a été l'école primaire où j'ai été élève quand je suis arrivé d'Algérie à Nice, en 1954-55, et que j'y ai été heureux. Je me suis dit, Mais qu'-t-on appris à ces garçons pendant toutes ces années qu'ils ont été élèves de l'école publique? Leur a-t-on seulement dit qu'elle pur bonheur ce pouvait être d'accueillir une jeune fille inconnue sous son parapluie, et de la laisser repartir quelques instants plus tard avec un souvenir joli et tendre qui l'accompagnera toute sa vie? Non, on a essayé de leur enseigner des choses beaucoup plus difficiles, beaucoup plus prétentieuses, mais pas cela...
Travaillé aujourd'hui avec Cyana. Découverte d'un chanteur, d'un texte, d'un poète. Beaucoup de plaisir et de participation.
Refrain et second couplet terminés avec Cyana toujours aussi enthousiaste. Séance un peu perturbée car mauvaise connexion de son côté mais chemin faisant, nous y sommes arrivées! Demain nous continuons!

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