Ceronetti | Staséra al cinema



Qui, dove abito, l’unica distrazione sono le fiche di ottobre, ancora staccabili con le proprie mani da una vera pianta con foglie; il cinema quando io sono arrivato era già da tempo sparito. Oh non ci andrei mai al cinema (non offrirebbe nulla di gentile) però mi riscalderebbe piacevolmente sapere che c’è, vicino, una sala e una tenda, dove si agitano ombre di piroscafi e di vestaglie. Direi: staséra al cinema; arriverei fin là, saluterei la cassiera disoccupata e proseguirei il viaggio nella notte.

Pensieri del tè. Adelphi, 1987, pp. 68-69.

***

Ici, où j’habite, l’unique distraction c’est les figues d’octobre, qu’on peut encore détacher de ses propres mains d’un arbre véritable, avec des feuilles; le cinéma, quand je suis arrivé, était déjà disparu depuis un bout de temps. Oh! je n’irais jamais au cinéma (il ne m’offrirait rien de plaisant), cependant, cela me réchaufferait agréablement de savoir qu’il existe, pas loin, une salle et une toile où s’agitent des ombres de navires et de déshabillés. Je dirais: ce soir, cinéma; j’arriverais jusque là, je saluerais la caissière inoccupée et poursuivrais le voyage dans la nuit.

Ce n’est pas l’homme qui boit le thé mais le thé qui boit l’homme. Trad. André Maugé. Éd. Albin Michel, 1991, p. 83.


 

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