Le pré en pente (4)


L’avancée dans l’âge, la douleur, la maladie justifient que tu écrives la nuit, l’avancée dans la nuit.

Sur un écran de téléphone où tu vois aussi bien des images, où tu entends battre de la musique, celle d’une nuit de fête de village ou celle, dans sa fosse, d’un orchestre d’opéra au-dessus duquel planent les deux bras du chef comme des ailes de corbeau.

Tenu d’une seule main, que tu dresses devant toi comme un miroir où tu vois se refléter ton âme, des images de ton propre passé comme d’autres que tu hésites à reconnaître, tirées d’histoires que tu n’as pas vécues.

Des images du passé d’autres personnes, comme de celle aussi bien qui dort près de toi ou qui veille dans la nuit. Qui gémit.

Des transfusions d’histoires. Des transfusions de passés d’une personne à l’autre.

Alors on tient moins au jour et on tient moins à soi. La beauté des images seule compte.

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