Le pré en pente (6)

Nous avons installé la télévision dans la chambre et j’ai fermé la porte de la pièce d'où nous l'avions sortie. Le matin, j'ouvre celle-ci, je l’aère et j’arrose la plante. Je pousse sur la grande table où nous prenions nos repas les sachets de médicaments avec, à l'intérieur de chacun, soigneusement pliée, l’ordonnance qui correspond. Sur les fauteuils je dépose parfois à la va-vite le linge qui a séché. Son odeur est agréable. Puis je referme la pièce et je m’occupe d’autre chose. Je me souviens d’avoir regardé les prés fleuris dans les  tableaux de la Renaissance italienne. Les arbres qui se découpent à l’arrière-plan de L’Annonciation de Léonard de Vinci, un jour que nous avions pu entrer sans trop attendre à la Galerie des Offices et que nous courrions au plus pressé. Je me méfiais. Je me souviens du village de Mosset dans les Pyrénées-Orientales, et du hameau de Chalancon en Haute-Loire. Je regardais cela avec curiosité mais d’un peu loin. J’hésitais à y croire. J’hésitais surtout à m’y voir. Même chose avec la mer. Nous marchions au bord de la mer, sur les chemins étroits au milieu des rochers. Nous regardions les voiles blanches. De loin. Pas plus que cela. Nous étions deux.

Commentaires

  1. Touché, comme chaque soir.
    Si ce n'était pas triste, ce serait (seulement) reposant

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