Comme une ceinture dénouée

Le Voyage d’Italie est un poème d’Aragon, qui figure dans Les Poètes (1960). Il fait écho à un carnet de voyage en Italie écrit par Marceline Desbordes-Valmore en 1837, qu’elle intitule Les yeux pleins d’églises. Les deux textes ont été réunis et présentés sous leurs deux titres (Les Yeux pleins d’églises / Le voyage en Italie) par Jean Ristat et Claude Shopp aux éditions de La Bibliothèque, Collection L’écrivain Voyageur, en 2010. J’extrais du poème d’Aragon ces dix vers, où l’auteur fait parler Marceline qui elle-même évoque la figure de son amant perdu, Henri de Latouche dont le souvenir l’accompagne dans ses tournées de comédienne, d’épouse et de mère de famille:

Je suis une ceinture à jamais dénouée
Il fait de moi tout ce qu’il veut
Il m’abandonne
Je l’entends longuement marcher dans le jardin
Il a des pas de primevères
Et ses épaules sont le parfum de la nuit
Jusqu’au matin qui tarde à la tempe des vitres
C’est son haleine son haleine que je vois
Il arrive mon Dieu qu’à vous je le préfère
Pardonnez-moi cela

(p. 106-107)

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