Mondialisation-plus et mondialisation-moins

Passer d’un point de vue local à un point de vue global ou mondial, cela devrait signifier qu’on multiplie les points de vue, qu’on enregistre un plus grand nombre de variétés, que l’on prend en compte un plus grand nombre d’êtres, de cultures, de phénomènes, d’organismes et de gens.

Or il semble bien que l’on entende aujourd’hui par mondialiser l’exact contraire d’un tel accroissement. On veut dire par là qu’une seule vision, tout à fait provinciale, proposée par quelques personnes, représentant un tout petit nombre d’intérêts, limitée à quelques instruments de mesure, à quelques standards et formulaires, s’est imposée à tous et répandue partout. Pas étonnant qu’on ne sache plus s’il faut se donner à la mondialisation ou s’il faut au contraire lutter contre elle.

Bruno Latour. Où atterrir ? Comme s’orienter en politique. La Découverte, 2017, p. 23.

Commentaires

Combien d'occasion perdues de grandir ensemble... au lieu de cela... nous nous sclérosons... mais encore une fois... il ne tient qu'à nous, tous et hacun, et les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, chaque goutte compte!
La crise que nous traversons devrait nous permettre d'identifier clairement nos alliés. On se rend compte que les soignants sont très importants, enfin ! Mais que les employés de la distribution alimentaire le sont aussi. Bravo ! On met un peu plus de temps à reconnaître que les outils numériques inventés dans la Sillicon Valey nous aident à communiquer avec ceux que nous aimons aussi bien qu'avec les soignants, qu'ils nous permettent de continuer d'apprendre et d'enseigner. Qu'ils nous rendent des services vitaux sans que nous ayons à les payer très chers. Et de tout cela encore, nous tirerons peut-être la leçon qu'une économie solidaire et sociale ignore la distinction entre public et privé.

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