Méditation du jeudi saint

À quoi servirait-il de mourir 
si ce n’était 
d’être à ce prix 
plus parfait ?



Commentaires

Dvorah a dit…
Il faudrait développer tes arguments : en quoi être mort rendrait plus parfait (moins imparfait ?) La mort laisse plutôt une impression d'inachevé ...
J’entends bien, Dvorah. L’idée est qu’en mourant, chacun laisse de soi une forme mieux lisible et, pour les bons, plus parfaite, pour les méchants, plus odieuse encore. Il me semble que c’est là l’enseignement qu’on peut tirer de l’art. Je crois avoir entendu, récemment, qu’on disait des choses désagréables sur Charles Trenet. Mais que gardons-nous de lui, sinon des chansons lumineuses comme La Mer. Et que sais-je de Django Reinhardt, sinon qu’il jouait Nuages et d’autres choses aussi parfaites? Il y a quelques années, j’étais tombé sur une biographie de Miles Davis, et j’avais été frappé par les souffrances qui ont marqué sa vie, et qu’on n’entend pas dans sa musique. L’expérience de l’art tend à me montrer 1/ que les sujets humains existent dans leur singularité au-delà de la mort, 2/ que leur forme s’est épurée en quittant la vie. D’où l’idée d’un monde intermédiaire qui devrait me pousser, dans les semaines qui viennent, à relire les maîtres du soufisme.
A se pencher sur la manière dont sont transmis les gènes, on se rend compte que le processus de l'évolution ne retient que ceux qui ont permis la meilleure adaptation, puisque les autres individus n'ont pu se reproduire. S'adapter à la vie, c'est l'utilité de la mort individuelle, voire de toute une espèce. Personne ne sait où cela doit parvenir, mais au moins il reste permis d'espérer en la vie éternelle, pas pour ma petite personne, mais pour ce qui en moi demeure éternellement. Je n'y vois pas de contradiction majeure avec me foi. Voilà pourquoi c'est ce tableau, qui ne représente pas n'importe qui, ni n'importe quoi, qui continue à nous inspirer. Christian Jacomino, comme à chaque fois, merci.
Dvorah a dit…
Je ne suis pas tout à fait d'accord Christian. Ce que je pense en fait c'est que la mort (mais parfois c'est avant) fait que l'artiste bénéficie de la perfection de son œuvre pour qu'on le rende parfait à son tour, mais c'est un leurre. Rares sont les artistes dont la vie est à l'égal de son œuvre. Connaître la vie d'un artiste est toujours un danger pour son "fan"; il faut savoir accepter de distinguer l'œuvre de l'homme mais ce n'est pas toujours facile, notamment avec la canonisation que lui donne la mort.
Ou peut-être pouvons-nous croire que ce qu'il y a d'éternel en chacun, c'est précisément ce qui fait la singularité de sa personne. Je ne connais pas d'autre Michel C., et sans Michel C., comme sans chacun d'entre nous, la Création ne serait pas complète. C'est du moins ce que j'entends dans le dogme de la résurrection des corps, qui constitue à mes yeux un point important du christianisme

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