Prestiges | Le monde a du bon


Les touristes descendus du car
Au fin fond de ces montagnes himalayennes
Sont groupés sur des gradins de bois
En plein air et en plein vent, sous de gros nuages
Gris. Ils regardent un terrain boueux où figurent
De petits chevaux caparaçonnés
Qui marchent sans passion. Mais attendons
La fin. À l’heure dite, leur promet-on,
Un miracle se produit. Les gros nuages crèvent
Au-dessus de leurs têtes, ils sont arrosés
D’une averse plutôt fraîche dont ils s’abritent
Comme ils peuvent, curieux du spectacle fourni
Par les chevaux soudain qui se mettent à danser.
Car la pluie les fait danser. C’est un prodige
Qui ne se produit qu’ici, chaque jour
À la même heure de l’après-midi, et même
Rire en retroussant leurs lèvres sur leurs dents
De chevaux, et chanter.

Commentaires

Articles les plus consultés