Amour lointain


La ville que j’habite ressemble à celle d’où je viens
Depuis si longtemps j’en suis séparé que
je ne sais plus rien d’elle
sauf à la reconnaître parfois
dans celle où le hasard m’a conduit

Les jardins l’été ont des pergolas aux
frondaisons épaisses qui font
l’obscurité où un homme est assis
Je le vois une jambe pliée
le talon d’un pied nu posé sur le banc 
qu’il caresse d’une main 
une feuille de menthe vibrant entre ses lèvres
et le sourire de ses yeux gris

Puis le soir c’est la foule des passants
sur le boulevard que je remonte
tout droit vers les collines
laissant derrière moi la mer où flottent
l’âme des bateaux et les cris des mouettes

La nuit sera tombée avant que je sois rendu
et des passants ils ne restera plus
alors que ceux qui dorment couchés
sous le pont du chemin de fer
en rêvant comme moi d’un amour lointain

Depuis l’arrivée au port
le monde n’est plus à corriger
Il reste à traverser comme une ombre
en ne touchant à rien

Commentaires

L’écriture de ce poème a été provoquée par le film de Maïwenn, ADN, que j’ai vu il y a trois jours au cinéma, le premier depuis bien longtemps. Mais aussi par le souvenir de Jaufré Rudel : Amors de terra lonhdana / Per vos totz lo cors mi dol ; / E non puesc trobar mezina / Se non au vostre reclam.

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