Lecture d'enfance


La lecture est du soir, prolongée de l’enfance.
Sur la vitre d’une loge de concierge
clinquant aux portes de la Nuit
glisse la silhouette du commissaire Maigret.

Il s’engouffre dans l’escalier, gravit
les étages obscurs, grand comme l’ogre
ou le Roi Carnaval en même temps que
preste et rieur comme le Petit Poucet quand,
ayant chaussé les bottes de sept lieues, il
se fait messager pour le compte des dames.
 
La fièvre de la grippe trempe son lit de sueur.
Les odeurs de cuisine pénètrent dans la chambre.
Une jeune modiste chausse un dé à coudre et,
l’œil grossi derrière ses lunettes, lèche le bout
du fil qui finit par entrer dans le chas d’une aiguille
tandis que, ne sachant pas s’il rêve, son enfant
se rendort

Commentaires

MRG a dit…
Les Portes de la nuit, mon Carné de choix, où Montand évoque les îles sous la voie aérienne de Barbès...

Éluard: "Ce n’est pas le rêve que d’habiter entre Barbès et la Villette. Je ne m’en suis jamais plaint. Pour m’ennuyer, j’allais ailleurs, et mon désir d’ailleurs n’avait alors plus de bornes. Avais-je vraiment besoin de m’ennuyer ? Avais-je vraiment besoin d’aller aux îles avec le secret espoir d’y attendre patiemment la mort ?"

https://moncinemaamoi.blog/2017/04/03/les-portes-de-la-nuit-marcel-carne-1946/

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