Ciel de Paris

Je suis descendu de chez notre fils J’ai 
Marché dans le soir de Paris avec 
La question de savoir où on peut habiter 
Quand on a perdu l’adresse quand on sait
Que les chambres sont désertes où dor
Mir désormais Tu m’avais offert ce petit livre
Au détour d’une allée de la fête où nous
Étions venus séparés et d’où nous
Repartirions de même Les amoureux 
Se séparent si vite et dans le train c’est 
Lui ce matin que j’ai emporté Cinquante
Ans sont passés Il s’intitule Les Chambres
, poème du temps qui ne passe pas et date 
De 1969 Avec qui étais-je venu à cette fête 
Sans toi Avec qui devais-tu repartir Mais 
De loin je t’ai vu t’avancer vêtue d’une 
Tunique blanche et courte sur les jambes
Nues Tu m’as tendu ce livre comme 
Carte à jouer que je joue à présent que j’
Emporte avec moi pour que tu me suives
Où que tu sois dans le ciel de Paris bleu et 
Blanc à ravir que tu puisses me trouver où 
Que je sois Nous sommes amputés à l’épaule
De l’aile / Plie en ma main ta main tremb
Lante Et nous ignorions alors qu’Elsa mour
Rait l’année suivante et que ce poème serait
Le dernier qu’Aragon publia

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