Des diamants et de la rouille

Les voix qui nous faisaient accueil en 1975,
il suffit que les jours raccourcissent, que
le dimanche les avenues soient désertes
pour qu’elles reprennent de l’activité
comme le vieil agent secret retiré
de tout qu’on envoie chercher quand
le pire est en cours — les Talibans
sont entrés dans Kaboul, l’aéroport
est assiégé, les soldats les mieux armés,
les plus entraînés de la planète,
ne peuvent faire mieux qu’exfiltrer par
avions cargos entiers ceux qui
craignent de se faire dévorer par des
ogres barbus descendus des montagnes
— Oui, je sais, nous venons vous chercher
un peu tard, mais si vous aviez une idée,
par le passé il est arrivé que — après
je ne sais pas ce qu’il répond, sauf que
c’était l’heure de son whisky, que le ciel se
couvrait, laissant espérer un peu de pluie
dans la nuit, sur les légumes de son jardin.
Il dit, J’écoutais Bob Dylan, connaissez-
vous Bob Dylan, jeune homme, et
j’écoutais aussi une chanson que Joan Baez
a écrite pour évoquer l’histoire qu’ils ont
eue ensemble, où elle dit As I remember your
eyes / Were bluer than robin’s eggs
(Dans mon souvenir tes yeux / Étaient
aussi bleus que des œufs de rouge-gorge).
C’est joli, non ? Pouvez-vous me passer le
sécateur qui est sur la table, derrière vous ?
Oui, celui-ci. Dans le rôle de l’agent secret, vous
pouvez imaginer Sean Connery, bien sûr, mais
je crois que je préférerais Patrick McGoohan

 

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