Corps à cœur (8)

Séance du vendredi 4 novembre. Nous étions 6 autour de la table. J'ai proposé un travail personnel, avec la composition d'un poème où le même mot, librement choisi, se retrouverait dans chacun des vers. Une autre indication de ma part : "Essayez de ne pas vous en tenir à ce qui vous vient aussitôt à l'esprit, mais de reprendre patiemment votre texte pour l'améliorer. Si besoin, faites-vous aider par un.e autre participant.e." Grâce à quoi, nous avons obtenu ceci. (Impressionnant, le poème de Sabine, ne trouvez-vous pas ? Un instant, en le lisant pour la première fois, j'ai cru entendre à l'intérieur de moi la voix d'Henri Michaux.) 

*

Patience
J’en ai marre de t’attendre, je commence à perdre patience.
Patience, patience, à force ça commence à me prendre la tête.
Comment ça, je n’ai aucune patience, ça fait des années qu’on se connaît, je ne pense pas manquer de patience.
Tu es trop soupe au lait, c’est plutôt toi qui n’as aucune patience
La patience s’acquiert avec le temps, on ne naît pas avec,
Il faut de la PATIENCE dans la vie !

Kévin

*

Pâleur
Pâleur de mon visage, de ma peau du Nord,
Contraste saisissant avec le Sud pétant de couleurs
Où je suis née et où je vis
Mais suis-je à ma place ? éternelle question
Tiraillée entre deux pôles, voire davantage
Mes « pas-l’heure » seraient-ils les manifestations de ce malaise ?
« Je suis où ? », « Je vais où ? », « J’y vais ou j’y vais pas ? »
Si j’y vais, j’y vais quand ?
Le cul entre deux chaises, je ne connais que ça
Pâleur, serais-tu cause des mes « pas-l’heure » ?

Véronique

*

Émerveillement
Quel émerveillement que de se réveiller chaque matin
Émerveillement des sens
Vivre une nouvelle aventure chaque jour est un pur émerveillement
Émerveillement, béatitude, tout est lié, tout m’échappe, tout va et vient, je suis bien
Je suis dans le jardin luxuriant
Un pur émerveillement de regarder éclore les tournesols qui se présentent fièrement au soleil
Je suis en émerveillement devant le vie qui circule à travers les plates qui poussent.
Soudain apparaît devant moi une jolie coccinelle, elle semble émerveillée devant les doux pétales encore mouillés par la rosée.
Elle aime se reposer sur les Germini rose pâle, et sentir leur parfum léger.

Marjorie

*

Colère
Que faire de toute cette colère ?
Colère qui surpasse mon désespoir
Debout, cachée, colère noire
Elle me bouffe, cette colère
Me ronge, une colère de carnage
La laisser sortir, la colère, la rage,
Ou en faire une colère froide
Une colère de noyade
Une violente colère qui tempête
De ces colères en tout point parfaites
Que vais-je donc faire de cette colère
Rien, la contenir, rester en colère

Sabine



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